Vrai / Faux sur la maladie d’Alzheimer
Quelles sont les propositions vraies parmi les 5 suivantes :
a. La maladie d’Alzheimer est une démence
b. La plus fréquente des démences est la démence vasculaire
c. Stimuler les sujets atteints de maladie d’Alzheimer permet de faire régresser la maladie
d. S’il fait un effort, un malade Alzheimer peut redevenir tout à fait normal
e. Il faut être attentif aux cris et à l’agitation d’un sujet dément car ce comportement peut être une façon d’exprimer une douleur
Vrai : a, e.
La maladie d’Alzheimer est une démence et c’est la plus fréquente des démences.
La maladie d’Alzheimer s’accompagne de lésions du cerveau irréversibles. Si la stimulation constitue un moyen de mobiliser les capacités restantes, elle ne peut en aucun cas faire régresser les lésions.
Vrai ou faux ?
1. La maladie d’Alzheimer est héréditaire. Ma grand-mère souffre de cette maladie et je risque à mon tour d’en être atteinte plus tard.
VRAI et FAUX.
Il existe quelques familles dans le monde souffrant de maladie d’Alzheimer héréditaire. Dans ce cas, les signes débutent le plus souvent avant l’âge de 60 ans et touchent plusieurs membres de la famille à chaque génération.
Mais dans la plupart des cas de maladie d’Alzheimer, on retrouve des facteurs de prédisposition génétique.
Des travaux de recherche ont permis de reconnaître un état génétique particulier, lié à un risque plus élevé d’être atteint par la maladie d’Alzheimer:
- les personnes porteuses de 2 gènes ApoE de type E4, ont un risque plus élevé de développer la maladie que celles qui sont porteuses d’autres formes du gène,
- les personnes ayant le gène ApoE de type E4 en un seul exemplaire ont un risque intermédiaire.
Mais posséder les 2 gènes ApoE de type E4, n’implique pas de développer la maladie dans100% des cas, mais que le risque est plus élevé que pour les personnes qui ne possèdent pas ce type de gène.
Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.
2. Il (elle) n’arrête pas de déambuler toute la journée. Je dois absolument l’en empêcher.
FAUX.
La déambulation est un trouble du comportement assez fréquent chez les sujets atteints de maladie d’Alzheimer modérée ou sévère. Il ne sert à rien d’entraver la déambulation car cela induit souvent une grande agitation. Il est préférable d’essayer d’organiser la déambulation pour qu’elle soit moins gênante pour l’entourage et qu’elle s’effectue dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Certaines institutions ont prévu dans leur architecture, des espaces permettant la déambulation en toute sécurité.
Les médicaments sédatifs sont inefficaces pour réduire la déambulation mais entraînent des effets secondaires tels que les chutes à répétition.
Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.
3. On meurt de la maladie d’Alzheimer ?
VRAI et FAUX
Les statistiques montrent que la survie des malades est en moyenne de 8 à 10 ans après le diagnostic initial.
Certains malades peuvent mourir quelques mois après le diagnostic, souvent d’une autre maladie (cancer, accident vasculaire cérébral), alors que d’autres vont vivre encore 10 ans.
La perte d’autonomie liée à la maladie à un stade évolué (dénutrition, perte de mobilité, troubles de la déglutition) favorise des pathologies qui peuvent être fatales
(thromboses veineuses, embolies pulmonaires, maladies infectieuses, fausses routes, déshydratation, escarres…).
Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.
4. Mon époux(se) prend encore sa voiture pour aller faire les courses. Je dois trouver un moyen de l’en empêcher.
VRAI.
Plusieurs études ont mis en évidence l’implication de personnes âgées atteintes de démence dans des accidents de voiture. Les démences touchent plusieurs fonctions cérébrales impliquées dans la conduite : attention, temps de réaction, troubles moteurs, troubles visuels, orientation…
Les sujets atteints de maladie d’Alzheimer doivent donc arrêter de conduire pour leur propre sécurité comme pour celle des autres usagers de la route.
Cette limitation est souvent douloureuse et vécue comme une perte d’indépendance supplémentaire. Il est important d’obtenir l’adhésion du sujet et d’organiser sa vie pour éviter les effets négatifs de cette mesure sur le quotidien.
Le médecin peut être amené à décourager le patient, de rédiger pour la famille une note dans laquelle il déconseille la conduite et que cette dernière montrera au patient chaque fois qu’il manifeste l’envie de le faire.
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Permis B / Permis de chasse
Référence bibliographique
Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.
Bentot C, Chassagne P. Maladie d’Alzheimer et conduite automobile. La Revue de Gériatrie 2004 ; 29 : 553-54.
Robert P et Touchon J. La maladie d’Alzheimer : 40 questions pratiques. Neuronale, tome 2
Mise à jour le 08/10/2010
