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Mieux comprendre la maladie d'Alzheimer
Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ? | Qu'est-ce qu'une démence ? | Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ? | Comment fait-on le diagnostic de la maladie d'Alzheimer ? | Comment le malade perçoit-il sa maladie ? | Comment évolue la maladie d'Alzheimer ? | Les symptômes psychologiques et comportementaux et leur évolution au cour de la maladie | Quels sont les traitements ? | Vrai / Faux sur la maladie d'Alzheimer
Vrai / Faux sur la maladie d’Alzheimer

Mise à jour le 19 avril 2006

Quelles sont les propositions vraies parmi les 5 suivantes :

a. La maladie d’Alzheimer est une démence
b. La plus fréquente des démences est la démence vasculaire
c. Stimuler les sujets atteints de maladie d’Alzheimer permet de faire régresser la maladie
d. S’il fait un effort, un malade Alzheimer peut redevenir tout à fait normal
e. Il faut être attentif aux cris et à l’agitation d’un sujet dément car ce comportement peut être une façon d’exprimer une douleur

Vrai : a, e.
La maladie d’Alzheimer est une démence et c’est la plus fréquente des démences.
La maladie d’Alzheimer s’accompagne de lésions du cerveau irréversibles. Si la stimulation constitue un moyen de mobiliser les capacités restantes, elle ne peut en aucun cas faire régresser les lésions.

Vrai ou faux ?

1. La maladie d’Alzheimer est héréditaire. Ma grand-mère souffre de cette maladie et je risque à mon tour d’en être atteinte plus tard.

VRAI et FAUX.
Il existe quelques familles dans le monde souffrant de maladie d’Alzheimer héréditaire. Dans ce cas, les signes débutent le plus souvent avant l’âge de 60 ans et touchent plusieurs membres de la famille à chaque génération.
Mais dans la plupart des cas de maladie d’Alzheimer, on retrouve des facteurs de prédisposition génétique.
Des travaux de recherche ont permis de reconnaître un état génétique particulier, lié à un risque plus élevé d’être atteint par la maladie d’Alzheimer:
- les personnes porteuses de 2 gènes ApoE de type E4, ont un risque plus élevé de développer la maladie que celles qui sont porteuses d’autres formes du gène,
- les personnes ayant le gène ApoE de type E4 en un seul exemplaire ont un risque intermédiaire.
Mais posséder les 2 gènes ApoE de type E4, n’implique pas de développer la maladie dans100% des cas, mais que le risque est plus élevé que pour les personnes qui ne possèdent pas ce type de gène.

Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.


2. Il (elle) n’arrête pas de déambuler toute la journée. Je dois absolument l’en empêcher.

FAUX.
La déambulation est un trouble du comportement assez fréquent chez les sujets atteints de maladie d’Alzheimer modérée ou sévère. Il ne sert à rien d’entraver la déambulation car cela induit souvent une grande agitation. Il est préférable d’essayer d’organiser la déambulation pour qu’elle soit moins gênante pour l’entourage et qu’elle s’effectue dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Certaines institutions ont prévu dans leur architecture, des espaces permettant la déambulation en toute sécurité.
Les médicaments sédatifs sont inefficaces pour réduire la déambulation mais entraînent des effets secondaires tels que les chutes à répétition.

Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.

3. On meurt de la maladie d’Alzheimer ?

VRAI et FAUX
Les statistiques montrent que la survie des malades est en moyenne de 8 à 10 ans après le diagnostic initial.
Certains malades peuvent mourir quelques mois après le diagnostic, souvent d’une autre maladie (cancer, accident vasculaire cérébral), alors que d’autres vont vivre encore 10 ans.
La perte d’autonomie liée à la maladie à un stade évolué (dénutrition, perte de mobilité, troubles de la déglutition) favorise des pathologies qui peuvent être fatales
(thromboses veineuses, embolies pulmonaires, maladies infectieuses, fausses routes, déshydratation, escarres…).

Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.

4. Mon époux(se) prend encore sa voiture pour aller faire les courses. Je dois trouver un moyen de l’en empêcher.

VRAI.
Plusieurs études ont mis en évidence l’implication de personnes âgées atteintes de démence dans des accidents de voiture. Les démences touchent plusieurs fonctions cérébrales impliquées dans la conduite : attention, temps de réaction, troubles moteurs, troubles visuels, orientation…
Les sujets atteints de maladie d’Alzheimer doivent donc arrêter de conduire pour leur propre sécurité comme pour celle des autres usagers de la route.
Cette limitation est souvent douloureuse et vécue comme une perte d’indépendance supplémentaire. Il est important d’obtenir l’adhésion du sujet et d’organiser sa vie pour éviter les effets négatifs de cette mesure sur le quotidien.

Le médecin peut être amené à décourager le patient, de rédiger pour la famille une note dans laquelle il déconseille la conduite et que cette dernière montrera au patient chaque fois qu’il manifeste l’envie de le faire.

Sur le plan légal
Dans l’hypothèse où la mise en garde du patient sur l’incompatibilité de son état de santé avec la conduite automobile ne suffirait pas, il est possible au médecin, en concertation avec les membres de la famille du malade, de recourir aux dispositions du Code de la route et à ses arrêtés d’application ci-après :

L’article R. 221-14 du Code de la route, paragraphe I, point 1° dispose que postérieurement à la délivrance du permis de conduire, le préfet peut prescrire un examen médical dans le cas où les informations en sa possession lui permettent d’estimer que l’état physique du titulaire du permis peut être incompatible avec le maintien de ce permis de conduire.

Le médecin peut donc saisir, par lettre simple, la commission médicale primaire départementale dans le ressort de laquelle le malade est domicilié et faire état de la situation de son patient. Les commissions médicales ont été instaurées par l’arrêté ministériel en date du 7 mars 1973 modifié. Elles sont mises en place et organisées par le préfet et composées de médecins généralistes et spécialistes. Elles sont chargées d’apprécier l’aptitude physique des candidats aux permis de conduire et des conducteurs.

A cette occasion, le médecin peut viser l’arrêté ministériel du 7 mai 1997 pris en application des articles R. 221-10 et R.221-19 du Code de la route qui donnent au ministre chargé des transports la possibilité de prévoir que les permis de conduire des catégories A et B (groupe dit des véhicules légers), en principe délivrés sans visite médicale préalable, soient soumis à une visite médicale obligatoire.

Cet arrêté ministériel fixe la liste des incapacités physiques incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ainsi que des affections susceptibles de donner lieu à la délivrance de permis de conduire de durée de validité limitée.

La maladie d’Alzheimer n’est pas nommément citée dans la liste de l’arrêté de 1997, mais elle est susceptible d’entrer dans la catégorie des affections appartenant à la classe IV intitulée « Neurologie - Psychiatrie » portant le numéro 4.8, ainsi définies : « Troubles neurologiques, troubles comportementaux, troubles de la sénescence. »
En tout état de cause, la liste n’est pas limitative, et l’annexe de l’arrêté prévoit la possibilité de faire application du texte même pour une affection non mentionnée à la liste.

Au vu du certificat médical établi après examen réalisé par la commission médicale, le préfet prononce, s’il y a lieu, soit la restriction de validité, la suspension ou l’annulation du permis de conduire, soit le changement de catégorie de ce titre.

En cas d’accident de la circulation, rappelons qu’en vertu des principes généraux de la responsabilité médicale civile :
- le médecin est en principe tenu d’une responsabilité contractuelle (application de l’existence d’un contrat entre le praticien et le malade) ;
- la jurisprudence ne reconnaît la responsabilité du médecin sur le terrain délictuel que de façon exceptionnelle et dérogatoire au principe ;
- la responsabilité médicale est fondée sur la faute, nécessitant la preuve par le patient du manquement du médecin à ses obligations (article 1142-1 du Code de la santé publique : le médecin « n’est responsable des conséquences dommageables d’actes de prévention, de diagnostic et de soins qu’en cas de faute »).

La responsabilité du médecin ne pourrait s’envisager qu’en cas de faute, qui en l’espèce pourrait consister en un défaut d’information du patient (ou des membres de sa famille) sur son état de santé et l’incompatibilité de celui-ci avec la conduite automobile. Il resterait également à établir le lien de causalité entre cette faute et le préjudice, qui pourrait être défini comme la perte de chance d’éviter l’accident ayant causé le dommage.

D’une façon générale, il est aussi conseillé d’interdire l’utilisation de machines telles que taille-haies, tronçonneuse, couteaux électriques…


Références bibliographiques

Belmin J, Ollivet C. Les problèmes quotidiens des patients déments et de leur famille. Les questions sur la maladie les plus fréquemment posées au médecin. La Revue de Gériatrie 2001 ; 26(5) : 399-402.

Bentot C, Chassagne P. Maladie d’Alzheimer et conduite automobile. La Revue de Gériatrie 2004 ; 29 : 553-54.

Robert P et Touchon J. La maladie d’Alzheimer : 40 questions pratiques. Neuronale, tome 2