Evolution de la maladie

L’évolution de la maladie d’Alzheimer est progressive et continue. Elle s’étend sur de longues années.

- L’étape asymptomatique (sans signe apparent) passe inaperçue car elle ne s’accompagne d’aucun signe clinique manifeste.
Cependant des lésions, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, les plaques séniles, se développent dans le cerveau. Elle peut évoluer sur de nombreuses années. Elle passe inaperçue car elle ne s’accompagne d’aucun signe clinique manifeste.
- L’étape pré-maladie peut durer en moyenne de 3 à 4 ans.
Elle correspond à un déficit de mémoire qui peut être mis en évidence par des tests neuropsychologiques. Les autres fonctions intellectuelles sont globalement préservées et le retentissement sur la vie quotidienne est inexistant ou peu important.
- L’étape maladie avérée.
Aux troubles de la mémoire, s’ajoutent des troubles des fonctions supérieures de plus en plus prononcés.
Le malade perd progressivement son autonomie dans la vie quotidienne. Il a des problèmes à gérer les tâches administratives et financières, à suivre une conversation avec plusieurs personnes. Puis il éprouve des difficultés à effectuer les gestes les plus simples : habillage, toilette, tâches ménagères,... Il a besoin d'être aidé. Tardivement, il devient dépendant pour tous les actes essentiels de la vie.
Trois stades caractérisent l’évolution d’une maladie d’Alzheimer avérée.
1 - Le stade léger : les troubles de la mémoire et l’altération des autres capacités intellectuelles sont discrets et peuvent passer inaperçus surtout si l’entourage les attribue à tort au vieillissement naturel .
« Il doit tout noter sinon il ne se souvient pas de ses rendez-vous »
« Il a besoin d’aide pour remplir ses chèques »
« Il demande sans arrêt quel jour nous sommes »
« Il s’est perdu en conduisant pour aller au restaurant où nous allons souvent »
« Il se trompe pour faire les comptes »
2 - Le stade modéré : les désordres ont une répercussion nette dans la vie quotidienne et sociale. La perte d’autonomie s’accentue et la vie à domicile n’est plus possible qu’avec des aides. La méconnaissance des troubles par la personne est la règle et peut rendre la prise en charge difficile.
« Il ne se souvient plus de ce que je viens de lui dire, il répète sans arrêt les mêmes questions »
« Il regarde les informations à la télévision mais il n’enregistre pas ce qui se dit »
« Il tient son journal à l’envers, il ne sait plus lire »
« Je ne comprends plus bien ce qu’il dit, il répète mes propres mots »
« Il ne veut plus sortir, il s’est perdu plusieurs fois dans le quartier »
« Il est allé faire les courses en robe de chambre »
3 - Le stade sévère : caractérisé par une perte d’autonomie massive et l’importance des troubles du comportement. La vie relationnelle devient très pauvre bien que l’affectivité soit encore présente.
« Il est incapable de s’habiller, de se laver, d’aller aux toilettes, de se nourrir seul »
« Il est totalement dans son monde, en retrait »
Mais la maladie d’Alzheimer ne se résume pas à un déclin des fonctions intellectuelles ; elle retentit sur le comportement et l’affectivité et modifie la relation du sujet au monde et à l’autre.
Les troubles psychologiques et comportementaux sont présents à toutes les étapes de la maladie, ce dès le stade précoce.
Ils sont extrêmement variés et peuvent être regroupés selon leur dimension principale.
- Les perturbations affectives et émotionnelles : tristesse, anxiété, apathie, exaltations de l’humeur, changement brutal d’humeur. Ces états peuvent se succéder chez la même personne.
- Les signes psychotiques : idées délirantes, hallucinations, erreurs de perception.
- Les désordres comportementaux proprement dits agitation, agressivité, déambulation, répétitions des mêmes gestes sans arrêt ou des mêmes mots.
- Les perturbations des conduites élémentaires:troubles du sommeil, perte de l’ appétit, troubles sexuels.
Pour en savoir plus
On assiste alors à un amaigrissement important avec altération des défenses immunitaires favorisant les complications infectieuses souvent à l’origine du décès.
Référence bibliographique
Jean A. Guide pratique de la maladie d’Alzheimer à l’usage du personnel soignant. Editions scientifiques L&C, 2003.
Pancrazi MP, Métais P. Vivre avec un proche atteint d’Alzheimer. InterEditions, Paris, 2004.
Mise à jour le 10/09/2010
