PRISE EN CHARGE ET TRAITEMENT
- Mon parent déambule jour et nuit et est épuisé. Que faire ?
La déambulation est un trouble du comportement assez fréquent chez les sujets atteints de maladie d’Alzheimer à un stade modérée ou sévère. Il ne sert à rien d’entraver la déambulation car cela induit souvent une grande agitation. Il est préférable d’essayer d’organiser la déambulation pour qu’elle soit moins gênante pour l’entourage et qu’elle s’effectue dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Les médicaments sédatifs n’ont aucun effet pour réduire la déambulation et entraînent des effets secondaires comme les chutes à répétition.
Dans les cas extrêmes, lorsque ces troubles du comportement s’accompagnent de symptômes psychotiques (délires, hallucinations) ou dans les états d’agitation aiguë, les neuroleptiques à faibles doses et à très court terme (10 à 15 jours maximum) pourraient s’avérer nécessaires (AFSSAPS).
- Est-il possible, comme dans la maladie de Parkinson, de remplacer les neurones morts du cerveau grâce à des greffes de neurones ?
L’espoir des neurologues est aujourd’hui d’atténuer les conséquences de diverses maladies dégénératives du cerveau en introduisant à l’intérieur de cet organe des cellules nerveuses qui fonctionnent. En effet, des greffes sont réalisées, en petit nombre, chez des patients atteints de maladie de Parkinson.
Mais ce type de greffe n’a pas été réalisé chez des patients Alzheimer. Il faut savoir que la sécurité à long terme de ce type de greffe reste à déterminer. Il n'est pas sûr que les greffes apporteront une solution et il faudra certainement de nombreuses années avant de voir les greffes de neurones utilisées en routine.
- Y-aura t-il bientôt de nouveaux médicaments contre la maladie d’Alzheimer ?
Il existe actuellement de nombreuses pistes de recherche pour trouver des thérapeutiques actives sur les causes de la maladie : les anticholinestérasiques, les œstrogènes, les anti-inflammatoires, les régénérateurs, les antioxydants (vitamine E et ginko biloba) et les antiamyloïdes. Un vaccin est aussi à l’étude.
Mais il faudra encore attendre plusieurs années avant de voir la concrétisation de ces recherches.
- Quand disposera t-on d'un vaccin contre la maladie d’Alzheimer pour le traitement des malades ?
La recherche actuelle travaille sur la mise au point d’un vaccin, mais aujourd’hui nul ne peut dire quand ce vaccin verra le jour.
- Comment faire manger un malade Alzheimer qui fait des fausses routes ?
Les personnes âgées ont souvent du mal à mastiquer et ont tendance à avaler des bouchées trop grosses avec lesquelles elles peuvent s’étrangler. Il arrive que la bouchée se bloque dans la trachée (par laquelle on respire) au lieu de passer par la voie habituelle c'est à dire par l'œsophage. Ceci peut avoir des conséquences graves et l’entourage doit connaître les manœuvres d’urgence à réaliser. Pour éviter cette situation, coupez-lui la viande en petits morceaux, proposez-lui de la purée plutôt que des morceaux de pomme de terre, passez les aliments au mixer. Pour faire face dans le cas où le malade s’étouffe ou s’étrangle, demandez au médecin de vous montrer les gestes qui permettent d'expulser la nourriture qui l’empêche de respirer.
- Est-il vrai qu’il existe un vaccin contre la maladie d’Alzheimer ?
À ce jour il n’y a pas de vaccin disponible contre la maladie d’Alzheimer, mais c’est un des axes actuels de la recherche.
Sachez cependant qu’en 2001, le lancement d’essais internationaux d’un vaccin contre la maladie d’Alzheimer a suscité de très nombreux espoirs. Quelques mois plus tard, la survenue de cas d’encéphalites, témoignant d’une réponse immunitaire intense, a imposé d’arrêter l’étude. Mais les recherches se poursuivent, le vaccin testé ayant fait diminuer les symptômes de la maladie d’Alzheimer chez certains sujets vaccinés.
- Comment prévenir la fatigue de l’aidant principal ?
En France, les familles assurent la plus grande part du soutien aux malades Alzheimer. Mais s’occuper seul d’un proche atteint de cette maladie devient très vite épuisant. Certains signes doivent vous alerter sur votre risque d’épuisement moral ou physique, c’est pourquoi prenez soin de vous et surveiller régulièrement votre état de stress et de fatigue en surveillant votre état émotionnel, la qualité de votre sommeil et votre santé globale. N’oubliez pas que vous n’êtes pas la seule personne susceptible d'assurer des soins à votre proche malade. Trouvez autant que possible des solutions de répit pour pouvoir vous occuper de votre malade le plus longtemps possible : faites appel à des auxiliaires de vie, aux associations de bénévoles qui peuvent garder votre proche lors de vos sorties, aux structures d’hébergement temporaire qui vous permettront de partir en vacances…Parlez-en avec votre médecin, il vous donnera des conseils pour prendre soin de votre parent malade dans les meilleures conditions et non au dépend de votre santé.
- Existe-t-il des médicaments contre la maladie d’Alzheimer ?
De nombreuses recherches sont en cours pour mettre au point des médicaments qui empêchent le développement des lésions cérébrales spécifiques de la maladie d'Alzheimer ou qui permettent de la guérir. Ces médicaments modifieront le cours évolutif de la maladie. Les médicaments actuellement disponibles ralentissent l'évolution de la maladie et préservent la qualité de vie des malades et de leur famille.
Ces médicaments contre la maladie d’Alzheimer doivent être prescrits par un médecin spécialiste (neurologue, gériatre ou psychiatre) ou médecin généraliste détenteur d'une capacité en gérontologie qui reverra le patient au moins une fois par an. Entre-temps, la prescription pourra être renouvelée par le médecin généraliste.
POUR EN SAVOIR PLUS
HAS : Bon usage des médicaments
Les médicaments de la maladie d'Alzheimer à visée symptomatique en pratique quotidienne (Janvier 2009).
www.has-sante.fr
- Encourager un malade Alzheimer à continuer ses loisirs peut-il ralentir la progression de la maladie ?
Il est très important d’encourager le malade à continuer ses activités de loisirs. Les activités de loisirs permettent de maintenir le malade en bon état physique, de diminuer sa dépendance vis à vis de l’aidant principal, d’éviter l’ennui et surtout l’isolement et enfin de lui redonner une estime personnelle. D'une façon générale, il faut l’encourager à avoir des activités qui stimulent ses capacités intellectuelles en tenant compte du stade de la maladie. Ceci permettra au patient de maintenir sa capacité à mémoriser, à raisonner et à reconnaître les choses et des personnes plus longtemps. Les interventions psychosociales sont nombreuses et utiles au patients (ateliers mémoire, de réminiscence, de musicothérapie, d'activité physique, d'ergothérapie, d'art-thérapie et de psychomotricité). Elles stimulent les capacités restantes en vue d'améliorer sa qualité de vie.
POUR EN SAVOIR PLUS
HAS : Recos 2008 sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées
www.has-sante.fr
- Quel est le rôle de l’orthophoniste dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer ?
L’orthophoniste a pour rôle de rééduquer le langage mais, au-delà des exercices favorisant l’expression du langage et la récupération du vocabulaire, ce sont toutes les autres fonctions intellectuelles qui sont stimulées. L’orthophoniste a souvent un rôle de soutien et informera largement la famille et les soignants sur les modes de communication possibles et de l’importance de les mettre en œuvre. Il peut intervenir à domicile ou à son cabinet. Cette rééducation est prise en charge par la Sécurité Sociale sur prescription médicale.
- La rééducation par un ergothérapeute permet-elle de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer ?
Au stade léger de la maladie d’Alzheimer, votre proche peut bénéficier d’actions thérapeutiques qui ont pour objectif de maintenir l’autonomie le plus longtemps possible. Ces interventions comprennent entre autres une stimulation de la gestuelle grâce à un ergothérapeute. L'ergothérapeute est un professionnel de santé et un intervenant central dans les services de réadaptation et de soutien des personnes ayant des problèmes de fonctionnement dans leur quotidien. Il analyse le niveau d'autonomie de la personne et le degré d'habileté requise pour effectuer ses occupations. Il évalue son milieu de vie, apprécie sa capacité de se prendre en charge, seule ou avec l'aide de ses proches. Ainsi l’ergothérapie permet de retarder la perte d’autonomie du malade Alzheimer. Demandez conseil au médecin traitant, il vous donnera des précisions et vous orientera au mieux selon l’état de votre proche malade.
- Peut-on ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer ?
Les traitements actuellement disponibles sont des traitements symptomatiques et permettent de préserver plus longtemps l’autonomie. Ils sont aussi très utiles à la structuration du soin. La consultation de prescription des anti-alzheimer doit être l'occasion de coordonner les interventions de l'ensemble des acteurs médicaux, paramédicaux et sociaux pour une prise en charge globale du patient et le soutien de ses "aidants familiaux".
POUR EN SAVOIR PLUS
HAS : Bon usage des médicaments
Les médicaments de la maladie d'Alzheimer à visée symptomatique en pratique quotidienne (janvier 2009).
www.has-sante.fr
- Peut-on guérir de la maladie d’Alzheimer ?
Les traitements actuellement disponibles ne permettent pas de guérir les malades, mais ils ralentissent la progression de la maladie et améliorent la vie quotidienne des malades et de leur entourage.
Mise à jour le 30/09/2010