- Peut-on laisser un malade Alzheimer sortir seul se promener?
Il est important de favoriser le maintien dans la réalité de votre proche le plus longtemps possible. C’est pourquoi, selon le stade de la maladie, votre médecin vous orientera dans cette décision de le laisser sortir seul ou pas. De façon simple, vous pouvez laisser votre proche sortir seul au début de la maladie lorsque ses capacités d’orientation dans l’espace et le temps sont encore préservées. Mais s’il perd la notion du temps ou se perd pour rentrer au domicile, il est préférable de l’accompagner ou de faire appel aux services d’un accompagnateur pour les promenades. Mais, qu'il soit seul ou accompagné, il est très important de maintenir toutes les activités qui lui font plaisir, qu’il avait l’habitude de pratiquer avant la maladie et toutes celles qui lui donnent l'occasion de maintenir un contact avec la réalité (regarder la télévision, aller à la piscine, faire le marché, …).
- Le placement en institution est-il obligé à un stade donné ?
La maladie d’Alzheimer est une maladie progressive. Au début de la maladie, votre proche reste relativement autonome et ses troubles du comportement ont peu de conséquences sur le quotidien. Il est donc plus simple au début de la maladie, d’éviter le placement en institution en faisant appel le cas échéant à diverses aides à domicile. Mais le stade sévère de la maladie dépasse souvent les capacités de soin de l’entourage familial quelle que soit la quantité des aides à domicile. Le maintien à domicile devient alors périlleux pour tous.
Mieux vaut anticiper cette éventualité et ne pas attendre une situation critique pour rechercher une place en institution. Cela vous évitera de faire vivre à votre proche malade des hospitalisations à répétition, toujours préjudiciables à sa qualité de vie.
Le placement en institution n’est pas obligatoire, toutefois c’est à vous d'en décider en tenant compte de votre bien-être et de celui du malade, en concertation avec le médecin. - Mon parent ne me reconnaît plus. Est-ce utile de continuer à lui rendre visite ?
Même si votre parent semble ne plus vous reconnaître, vous devez continuer à lui rendre visite car beaucoup de soignants rapportent que les malades Alzheimer sont plus lucides à certains moments de la journée qu’à d’autres. Par ailleurs, la mémoire et les facultés intellectuelles ne sont pas les seuls aspects de l’être humain. Les sentiments, les sensations, l’émotion et le désir font partie intégrante de l’être humain. Les aidants et les familles ont constaté que ces éléments perdurent pendant très longtemps, si ce n’est jusqu’à la fin. Les malades Alzheimer ont les mêmes nécessités affectives que tout le monde même si elles ne peuvent pas les exprimer. Il est donc important de continuer à visiter votre parent jusqu’au bout même s’il semble ne plus vous reconnaître.
- Que faire lorsqu’un malade Alzheimer semble indifférent à son entourage ?
Malgré cette indifférence apparente, vous devez maintenir le contact avec le malade Alzheimer, en essayant de privilégier les activités qui lui faisaient plaisir avant d’être malade et en essayant de maintenir le plus longtemps possible des moments de complicité. Enfin, vous devez continuer à lui parler, même de choses banales, afin de maintenir l’échange et le lien.
- Un malade Alzheimer, s’il blesse quelqu’un, est-il responsable de ses actes ?
Le malade Alzheimer est responsable de ses actes au même titre que tout autre citoyen.
En revanche, depuis 1968, la loi prévoit qu’un malade atteint d’une incapacité mentale ou corporelle le plaçant dans l’incapacité de pourvoir seul à ses intérêts ou de gérer ses biens, peut bénéficier d’un régime de protection juridique sur les plans administratifs, civiques et financiers.
Trois régimes de protection sont prévus par la loi : la sauvegarde de justice, la curatelle et la tutelle. Dans le cas de la sauvegarde de justice, la personne Alzheimer conserve tous ses droits, mais l’avantage est de pouvoir faire annuler a posteriori les conséquences d'actes inconsidérés qui seraient préjudiciables. Le patient ne sera pas considérée comme responsable de ses actes. - Un malade Alzheimer peut-il voter ?
Oui, un malade Alzheimer peut voter comme tout le monde. Mais, depuis 1968, la loi prévoit qu’un malade atteint d’une incapacité mentale ou corporelle le plaçant dans l’incapacité de pourvoir seul à ses intérêts ou de gérer ses biens, peut bénéficier d’un régime de protection juridique sur les plans administratifs, civiques et financiers.
Trois régimes de protection sont prévus par la loi :-
La sauvegarde de justice où la personne conserve tous ses droits mais l’avantage est de pouvoir faire annuler a posteriori des actes inconsidérés qui seraient préjudiciables. Sous ce régime, le malade Alzheimer peut voter.
-
La curatelle qui est un régime « d’assistance » où la personne malade conserve ses droits d’effectuer les actes de la vie courante, en revanche, elle est « assistée » (et non représentée) par son « curateur » pour des actes concernant son patrimoine (vente, donation). Sous curatelle, un malade Alzheimer conserve également son droit de vote.
-
Enfin, la tutelle qui est un régime de « représentation » où la personne perd tous ses droits civiques et est entièrement et de façon continue représentée par son tuteur. Dans ce dernier cas, le malade Alzheimer ne pourra pas voter, mais son tuteur pourra voter à sa place.
Ainsi le choix du régime de protection doit se faire avec les conseils du médecin traitant en fonction du degré d’atteinte du patient.
-
- Un malade Alzheimer peut-il continuer à conduire ?
Plusieurs études mettent en évidence l’implication de personnes âgées atteintes de démence dans des accidents de voiture. La maladie d’Alzheimer selon son stade pourra toucher plusieurs fonctions du cerveau impliquées dans la conduite : attention, temps de réaction, troubles moteurs, troubles visuels, orientation…
C’est pourquoi, il est préférable que les malades Alzheimer arrêtent de conduire pour leur propre sécurité comme pour celle des autres usagers de la route. Cette limitation est souvent douloureuse et vécue comme une perte d’indépendance supplémentaire.
Mais sachez que le médecin ne peut que conseiller l’arrêt de la conduite, il ne peut l’imposer. A vous de faire œuvre de persuasion auprès de vos proches.
Il est important d’obtenir l’adhésion du sujet et d’organiser sa vie pour éviter les effets négatifs de cette mesure sur le quotidien.
D’une façon générale, il est aussi conseillé d’interdire l’utilisation de machines telles que taille-haies, tronçonneuse, couteaux électriques et tout autre objet dangereux pour votre proche et son entourage. - Comment faire pour que le malade Alzheimer conserve une vie relationnelle ?
Pour maintenir le plus longtemps possible la vie relationnelle de votre proche malade, maintenez au maximum des échanges avec son monde environnant. Faites-le participer aux décisions importantes qui le concernent et qui concernent votre famille en tenant compte de son degré de jugement. Cela maintiendra sa capacité de décision plus longtemps. Maintenez également sa place dans la famille en encourageant les rencontres avec les êtres chers, tout en raccourcissant la durée des visites pour tenir compte de sa fatigabilité. Favorisez également les promenades, les sorties en plein air, vous saisirez l’occasion pour rappeler l’orientation spatiale et temporelle mais aussi pour rencontrer du monde ! Saisissez également toutes les occasions pour stimuler ses sens et lui faire reconnaître les choses ou les gens, par exemple en regardant la télévision avec votre proche et en lui faisant reconnaître les personnes célèbres. Entourez votre proche, soyez présents à ses côtés, faites-le participer autant que possible à votre quotidien, il conservera d’autant plus longtemps ses capacités relationnelles.
- Que faire lorsqu’un malade Alzheimer devient agressif ?
Si votre proche malade devient agressif, vous devez rester calme, essayer de ne pas vous énerver et surtout ne pas répondre à la violence par la violence afin de ne pas aggraver la situation.
Commencez par essayer d’identifier les raisons de son agressivité en recherchant une éventuelle douleur à soulager, essayer d’imaginer ce qu’il pense et trouver l’événement qui a pu déclencher chez lui ce type de réaction (détail de l’environnement, réflexion désagréable de votre part,…). Expliquez-lui aussi que ses actes agressifs sont incorrects, que vous êtes à ses côtés pour l’aider et que chacun mérite le respect.
Si votre proche a des difficultés à s’exprimer, cette violence n'est peut-être que l’expression d’une souffrance ou d’un mal être. Enfin, si vous ne réussissez pas à identifier la cause de son agressivité, et si vous ne pouvez plus gérer cette agressivité, parlez-en à votre médecin traitant. Il vous proposera des solutions adaptées à votre situation. - Comment favoriser l’endormissement d’un malade Alzheimer?
Pour favoriser l’endormissement, vous devez renforcer le rythme naturel de votre proche en imposant des heures à peu près fixes pour le coucher et le lever. Ne pas le laissez trop déborder sur la matinée car il risquerait d’inverser son rythme jour/nuit. Faites aussi en sorte que le moment qui précède le coucher soit calme et serein, en offrant par exemple la présence d’une personne de compagnie le soir, voire la nuit, si votre proche vit seul. Un bain chaud le soir peut également favoriser le sommeil.
- Comment faire pour que le malade Alzheimer puisse aller aux toilettes seul ?
En fonction du stade de la maladie, votre proche peut être désorienté et ne plus retrouver les toilettes : aidez-le à les repérer par un dessin sur la porte et en laissant quelques lumières en veilleuse sur l'itinéraire de son lit jusqu'aux toilettes. Il peut avoir plus tard des difficultés pour se déshabiller ou pour adopter la position adéquate (aidez-le si cela vous est possible, soit en l’aidant à s’installer, soit verbalement, soit par des gestes ou des dessins. Il peut, encore plus tard, ne pas se souvenir de l’usage des toilettes : mettez un schéma au dessus des toilettes ; ou ne plus savoir tirer la chasse d’eau : montrez-lui et fixez un dessin au dessus de la cuvette.
Pour facilitez le comportement d’élimination, faites-le uriner à heures fixes toutes les deux heures. Cela retardera d’autant plus l’incontinence urinaire et le port de protections, souvent mal accepté au départ parce que blessant pour le sentiment de dignité de la personne. - Comment faire pour que le malade Alzheimer continue à s’alimenter ?
Dans la maladie d’Alzheimer la dénutrition est toujours à craindre. Pour favoriser l’alimentation de votre proche, vous devez repérer tout ce qui pourrait gêner son alimentation. Vérifiez, par exemple, l’état de ses dents ou de son dentier, pensez à une infection de la bouche s’il se plaint de douleurs ou de brûlures, évitez les situations angoissantes comme les repas avec trop de monde ou encore le repas assis s’il ne tient plus en place. Proposez-lui le cas échéant des aliments qui se mangent avec les mains et debout !
Encouragez aussi le côté plaisir en le faisant participer à la préparation du repas, mettez des nappes et des couverts aux couleurs vives et stimulantes... Si votre proche a du mal à finir les de gros repas : multipliez les petites collations avec les aliments qu’il préfère.
Soyez aussi vigilant sur les protéines, car les malades Alzheimer ont souvent tendance à se détourner de la viande pour préférer les mets sucrés, donnez-lui des biscuits enrichis, vous pouvez aussi lui donner des crèmes hyperprotéinées. Pour que le malade Alzheimer continue à s’alimenter, il faut que les repas soient de véritables moments de plaisir. - Que faire lorsqu’un malade Alzheimer refuse de se laver ?
Nombreux sont les malades Alzheimer qui refusent de se laver et qui se mettent en colère lorsqu’on insiste. Pensez à conserver la routine du malade (fréquence de lavage, douche ou
bain, …), préparez également tout le matériel nécessaire avant de commencer car il peut être très désagréable de rester demi nu pendant que vous préparez le matériel. Surtout ne précipitez pas le malade et parlez-lui tout au long de la toilette, posez-lui des questions et réalisez ainsi en même temps une véritable stimulation par le langage. Insistez aussi sur le côté plaisir, incitez-le par exemple à mettre de la lotion après rasage ou du parfum, félicitez-le pour ses efforts, ou encore mettez de la musique dans la salle de bains pour rendre le moment plus agréable.
Il est aussi très important de favoriser la toilette tout en conservant la dignité et l’estime personnelles du malade.
Enfin, si la toilette semble susciter conflit ou trouble du comportement, il ne faut pas hésiter à la remettre à plus tard.
Mise à jour le 10/09/2010
